Blog Photographie

Un blog sur la photo où se trouverons les projets en cours, passés et futurs. Des discussions touchant de près ou de loin le domaine de la photographie dans son ensemble et parfois même au-delà. 

Des informations utiles pour les clients autant de mariage que pour de simple portrait et même pour les clients corporatif.

Le mythe du nombre de photos ?

De nos jours, il est tellement facile de prendre des clichés en grand nombre, de pouvoir les effacer au fur et à mesure, qu'on prend l'habitude des grandes quantités. Mais selon l'événement, le moment, les circonstances, quand ce nombre devient-il trop grand ?

Une question qui revient souvent de la part de clients potentiels est le nombre de photos remises suite à une séance. Il est souvent demandé d'en remettre plus, ou encore que toutes les photos prises soient remises ... même si elles ne sont pas éditées. Je reviendrai plus loin sur cette question de l'édition. Il n'est pas nécessaire d'avoir 12 photos de la même pose alors qu'il suffit d'en avoir une excellente. Il est préférable de prendre le temps de bien réaliser une pose, capter le moment dans son authenticité, et cela peut se faire en un seul cliché. 

Seulement voilà, il y a des promotions qui font une surenchère sur le nombre de photos remises. On parle ici de mariage avec 2000 photos et plus, de séance famille avec 250 photos et plus, de photos de bébés, nous les adorons tous bien-sûr, mais est-ce nécessaire d'en avoir 200, toutes prises dans le même 45 minutes ? 

Le message que ces promotions envoient cause du tord à tout le domaine de la photographie à plus ou moins long terme. Il perpétue et amplifie le mythe que faire une photo est simplement une question de peser sur un bouton et Clic !, on passe à la prochaine, non pardon!, aux prochaines photos, en une chaine infernale. Mais une conséquence cachée de ces façons de faire et les attentes qu'elles engendrent est que la quantité prime sur la qualité. Les gens s'habituent à une qualité moyenne (parfois même inférieure), du moment que la quantité compense. On devient impressionné non pas par la qualité, mais la quantité. On tombe dans la grande surface de la photographie, le buffet all-you-can-view ! 

Ceci étiquette la photographie comme un produit 'cheap' et que surtout n'importe qui peut en faire. En effet, le niveau de qualité des appareils de nos jours et surtout leur coût maintenant à un niveau tellement abordable, résultent en bon nombre de gens pouvant faire d'excellentes photos sans trop comprendre ou savoir le pourquoi et le comment. Suffit d'en faire une grande quantité et il y en aura des bonnes; et parfois même quelques merveilles. Mais la constance n'y est pas nécessairement. 

De plus, avec les réseaux sociaux, avec leurs marées de partages de photos au quotidien,  les gens s'habituent de plus ne plus à une qualité moyenne, voir même inférieure. Combien de fois lit-on des commentaires hyper positifs et élogieux sur des photos bien ordinaires et même parfois médiocres ?! Certes, un photographe peut dire qu'il ne vise pas ces clients là de toute façon. Vrai. Mais le problème est que ces clients deviennent de plus en plus la norme. Même dans le commercial ça commence à paraitre. Je suis triste parfois pour des mariés quand je vois leurs photos réalisés à rabais avec un résultat qui aurait pu être atteint ou même surpassé par n'importe qui qui n'aurait pas chargé pour les faire. Parfois, l'investissement additionnel, pour une plus grande qualité,  n'est pas si grand si on tient compte que pour la qualité obtenue, il aurait été possible de ne rien investir. Mais l'important est aussi l'appréciation des clients eux-mêmes. S'ils sont content de leurs souvenirs, ne voilà pas un peu à quoi sert la photo ?  

Et pour revenir à l'édition des images, pour justement éviter d'être perdu dans ce flot d'images qui se ressemblent toutes, un photographe utilise son oeil lors de la capture de la photo bien-entendu, mais également du travail sur les photos choisies afin de leur donner cette touche personnalisée, sa personnalité, son style ... son branding ou marque de commerce. Il est donc évident qu'un photographe sérieux et soucieux de son image ne livrera pas des photos sans leur apporter cette touche finale. Et en rapport avec la quantité, même si un nombre raisonnable de photos est remis, le photographe prendra toujours plus de 'clichés', parfois par sécurité (yeux fermés, erreur de corruption du fichier, élément distrayant et imprévisible dans le cadrage, etc...) et parfois en préparation à la pose, pour ses ajustements, etc. Ces photos sont rarement dans un état présentable. 

Il y a encore des gens qui veulent payer pour la qualité, une chance. Mais ce nombre n'augmente pas contrairement au nombre de photographes et au nombre de gens qui veulent des photos. Le pourcentage diminue. Et c'est là que se trouve le noeud du problème. Les grandes surfaces devront peut-être un jour fermer les portes de leur studio de masse aux tarifs minimes par manque de revenu... mais le mal aura été fait. Combien de photographes seront encore présent avec l'expertise pour fournir un service et un produit de qualité à la masse et non seulement à une petite élite très fortuné de pouvoir se payer ce luxe. 

Note pour les photographes qui aiment comparer les prix entre eux et parfois même juger les autres; nous sommes (presque) toujours plus 'cheap' qu'un autre. Je connais des photographes qui vendent 1 seule impression à beaucoup plus que 300$ ! Leur compétition 'cheap' à eux, ce sont ceux qui chargent 300$ pour tout  et remettent les numériques au complet. Je ne critique pas ceux qui le font (j'en fais partie aussi), mais mon point étant que tout est question de perspective et de marché. L'important est d'être bien dans notre marché et le cibler convenablement. Tous les gens devraient avoir une chance d'obtenir les services d'un photographe pour leur budget. Une démocratie économique ... dans un respect des coûts et des artisans.